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Appel à communications pour les journées d'étude "Graphisme et écrans" (5-6 novembre 2026, Lausanne et Genève)

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Appel à communications pour deux journées d’étude organisées à l’Université de Lausanne et à la HEAD – Genève, 5-6 novembre 2026

Graphisme et écrans : mutations du design graphique dans la seconde moitié du XXe siècle

Tel qu’il s’est développé au cours du XXe siècle, le graphisme s’est essentiellement défini comme un art du papier. Qu’il mette en jeu l’illustration, la mise en page typographique ou photographique, son produit final était au premier chef la page imprimée, dont l’élaboration même reposait sur les outils de l’impression – l’encre et la feuille de papier. Dans les dernières décennies du siècle cependant, un déplacement majeur du papier vers l’écran est venu transformer en profondeur les supports, les objets, les pratiques et les outils du métier, voire l’idée même de la communication graphique. 

Deux projets de recherche menés simultanément à l’Université de Lausanne et à la HEAD – Genève, tous deux soutenus par le Fonds national suisse, interrogent cette transition. Le premier, « Le graphisme pour l’écran : diapositive, film fixe, cinéma, télévision (1945-1980) » (UNIL, 2024-2028) explore ce qui, entre les années 1950 et 1970, a pu apparaître comme un véritable « tournant audiovisuel » des arts graphiques, avec l’émergence de nouveaux objets éditoriaux et graphiques, tous fondés sur le support filmique et la médiation des écrans, tels que le film fixe, le diaporama, la multivision, le générique de film ou de télévision. Le second, « WYSIWYG. Enquête sur l’adoption des logiciels de graphisme en Suisse et en France, 1980 - aujourd’hui » (HEAD, 2024-2027) revient quant à lui sur la période subséquente, celle d’un « tournant numérique » ayant transformé cette fois les outils de la création graphique, avec l’essor des logiciels de mise en page, de dessin ou de traitement d’images permettant une visualisation et une mise en forme directement sur l’écran d’ordinateur. Considérées ensemble, ces deux recherches font apparaître un processus de mutation complexe, étendu sur près d’un demi-siècle et ayant impliqué autant des supports analogiques que numériques, et transformé aussi bien les outils de création que les supports de diffusion du design graphique.

Au croisement des deux projets, deux journées d’étude organisées conjointement entre Lausanne et Genève proposent d’approfondir la réflexion sur les dimensions multiples de cette entrée du graphisme dans l’ère des écrans, durant la seconde moitié du XXe siècle et d’interroger ses répercussions diverses sur les formes graphiques, les pratiques créatives, les supports et les espaces de diffusion du design graphique autant que sur les discours professionnels, les filières et les méthodes de formation. Parmi les questions qui pourront être abordées, on pourra ainsi se demander :

·       Comment ces mutations techniques et médiatiques ont-elles fait émerger de nouvelles formes visuelles et de nouvelles mises en jeu de la typographie, que ce soit dans ou hors du cadre de la page imprimée ?

·       Comment ont-elles aidé les graphistes à investir des terrains d’activités extérieurs à la seule mise en forme des objets imprimés : image animée, muséographie, médias de l’événementiel et de la parole en direct, entre autres ? 

·       Comment des techniques issues de champs connexes, tels que le cinéma d’animation, la photographie, la vidéo ou la programmation informatique ont-elles intégré la panoplie des outils de la création graphique ? Dans quelle mesure l’arrivée de l’ordinateur personnel dans les studios graphiques a-t-elle constitué une rupture majeure ?  

·       Comment les écrans ont-ils reconfiguré la place des graphistes au sein des chaînes de communication (du mandataire au public) ? Quelles furent les répercussions de ces mutations dans les discours de légitimation du métier et les débats menés au sein des associations ou des rencontres professionnelles ?

·       Comment enfin ces mutations ont-elles été accueillies dans les filières de formation aux métiers du graphisme ? Comment ont-elles fait apparaître de nouveaux domaines d’enseignement, tel celui de la « communication visuelle », ou questionné les frontières instituées entre les disciplines dans les écoles d’arts appliqués ? Comment y ont-elles fait entrer des appareillages et des savoir-faire techniques non seulement nouveaux, mais également voués au renouvellement constant ?

·       A partir de quelles traces matérielles est-il possible de (re-)voir aujourd’hui le graphisme animé, interactif ou numérique d’hier ? Quelles archives mobiliser pour faire l’histoire des processus créatifs sur et pour l’écran ?

Les propositions de communication (en français ou en anglais, d’une page environ, accompagnée d’une courte notice biographique) sont à envoyer à Olivier Lugon (olivier.lugon@unil.ch) et Clémence Imbert (clemence.imbert@hesge.ch) avant le 10 avril 2026.