Journée d'études "Entre artisanat et dématérialisation" - Lausanne, 9 mai 2025
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Le 9 mai 2025, Clémence Imbert a donné une conférence sur le projet WYSIWYG dans le cadre de la journée d’études « Entre artisanat et dématérialisation : les dynamiques du métier de graphiste », organisée par le Musée Historique de Lausanne en lien avec l’exposition « Signé Jeker » (10.04 – 28.09.2025).
Cette journée d’études a réuni Wener Jeker, Priscilla Balmer & Yvo Hählen, Demian Conrad, Davide Fornari, Ian Party, Sophie Rubin et Cédric Rossel, François Vallotton et des étudiant-e-s de l’ERACOM, de l’ECAL et de la HEAD – Genève.
Intitulée « WYSIWYG : Un rêve, des réalités », la conférence a porté sur le tournant numérique qui a accompagné en arrière-plan la carrière de Werner Jeker. Clémence Imbert a décrit notamment la manière dont les technologies WYSIWYG ont transformé les processus de travail des professionnel-les de la communication visuelle, désormais libéré-e-s d’un certain nombre d’opérations fastidieuses : calculs, manipulations diverses du texte et des images, recours à des opérateurs externes ; tout en renouvelant les perspectives créatives et formelles. Derrière cette promesse, l’adoption de l’ordinateur n’avait pourtant rien d’évident. Le projet de recherche WYSIWYG questionne, en particulier, le récit héroïque du tournant numérique, en décrivant, à côté des projets expérimentaux flamboyants, la réalité du travail anonyme des maquettistes de presse, premiers concernés par l’informatisation de la chaîne graphique. L’étude des revues spécialisées des décennies 1980 et 1990 permettent ainsi de constater que l’adoption de l’ordinateur par les graphistes a été permise à la fois par une adaptation très rapides des technologies aux besoins des graphistes, et par d’importants efforts marketing et de formation. Ce sont ces réalités qu’il convient d’interroger pour mesurer ce que ce tournant numérique du graphisme a eu de révolutionnaire.